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« Alors ça, pas question ! Ce truc m’a coûté un bras, je le garde ».
« Je reste ! Tant pis si le film est d’un ennui à mourir, dans 1h30 c’est fini ».
Ce type de phrase nous est familier n’est-ce pas? Cette réaction, tellement courante chez l’être humain, a sa théorie dédiée: le biais des coûts irrécupérables. En psychologie, un biais est une déviation systématique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. (source Wikipedia)
C’est exactement ce qui se passe dans les deux exemples cités plus haut.
Allons creuser pour comprendre notre attitude et apporter la réponse adéquate la prochaine fois que l’on sera confronté-e à ce type de situation.
LE BIAIS DES COUTS IRRECUPERABLES
Ce biais est en fait lié à l’aversion à la perte, une notion issue de l’économie comportementale : les humains attachent plus d’importance à une perte qu’à un gain du même montant.
Le biais des coûts irrécupérables désigne donc les comportements adoptés de manière totalement irrationnelle uniquement parce qu’on y a consacré du temps ou de l’argent, soit dans un projet/une action, soit dans un achat.
Mais…on aura beau s’entêter à poursuivre une activité désagréable, à porter un vêtement dans lequel on se sent mal, à laisser prendre la poussière à ce mixeur-super-puissant-qui-passe-le-mur-du-son, jamais on ne récupèrera le temps/l’argent dépensé dans une activité/un achat. L’irrationnel prend le pas sur le rationnel et on fait clairement une erreur de raisonnement en défaveur de notre bien-être.
OPTION 1 OU OPTION 2
Reprenons nos deux exemples et posons-nous un instant.
« Alors ça, pas question ! Ce truc m’a coûté un bras, je le garde ».
- Option 1 : on le laisse dans le placard ou on se force à le mettre/à l’utiliser. Ce faisant, on éprouve un sentiment désagréable qui vient s’ajouter à celui d’avoir gaspillé son argent.
- Option 2 : désencombrer son placard et son esprit en le faisant sortir de chez soi (don ou vente). Il fera le bonheur de quelqu’un d’autre.
« Je reste ! Tant pis si le film est d’un ennui à mourir, dans 1h30 c’est fini ».
- Option 1 : on persiste à s’ennuyer pendant 1h30, avec le sentiment désagréable de perdre son temps.
- Option 2 : on part faire quelque chose de plus intéressant qui nous procurera de la joie.
EN CONCLUSION
Il y a un apprentissage à faire pour se défaire :) de ce biais des coûts irrécupérables, comme si notre cerveau était incapable de mettre dans la balance les avantages/inconvénients de notre décision ou de notre non-décision.
Qu’est-ce qui est préférable pour nous, qu’est-ce qui nous procure du plaisir ? S’accrocher ou lâcher prise ?
Sur ce, je vous laisse méditer.
Portez-vous bien.
Nathalie
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Dans le cas d’objets, je trouve que la technique de Marie Kondo peut aider à outre-passer ce biais pour faire des choix en se demandant si cet objet apporte de la joie ou pas. Peut-être pas pour tout, mais ça peut aider. C’est un biais très intéressant en tout cas !
Merci pour votre apport complémentaire. En effet, se poser cette question et y répondre de manière spontanée est un excellent moyen de déterminer ce qu’on fait de l’objet. On peut aussi tout à fait faire de même pour une activité.
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